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news de ça, de là


Monday, July 29, 2002  

last night i missed all the fireworks

en ce moment, je lis de la poésie allemande. extrait. j'aime la rythmique, la simplicité et la tendre cruauté de ce petit poême anonyme du XIXe.
je ne sais pas pourquoi, ça me rappelle last night i missed all the fireworks d'Idlewild, peut-être le fait de ne pas être à la fête?

Mei Mutter mag mi net,
Und kein Schatz han i net,
Ei warum stirb i net,
Was tu i do?

Gestern ist Kirchweih g'we,
Mi hot mer g'wiß net g'seh,
Denn mir ist gar so weh,
I tanz jo net;

Laßt die drei Rösle stehn,
Die an dem Kreuzle blühn,
Hänt ihr des Mädle kennt,
Des drunter liegt?



pour les non-germanisants, la traduction c'est (bien que je traduirais simplement "Denn mir isch's gar so weh, I tanz ja net" par "i am so miserable. i can't dance")


posted by lsdb | 10:25 AM


Wednesday, July 24, 2002  

END OF THE WORLD


"Asteroid on course to hit earth":
les gros titres des journaux à sensations s'affichent dans les rues de Londres, regards automatiques... les passants défilent, impassibles, fidèles au légendaire phlegme britannique. a priori, le choc ne devrait pas avoir lieu avant 2019. en attendant, on calcule des probabilités positives, puis on s'aperçoit de l'inutilité de l'exercice, puisqu'il y a encore un mois, un astéroïde nous passait juste devant la lune, pour qu'au final, on s'en aperçoive 3 jours plus tard.

j'imaginais une seconde: et si ça arrivait demain?
j'ai tout de suite repensé à ce merveilleux film franco-canadien, Last Night, sorti peu avant le début du second millénaire, où les personnages cherchent à donner un sens à la fin de leur vie: certains vandalisent les vitrines, volent autant d'articles que possible, d'autres se préparent à fêter ça dans la rue, une immense rave, d'autres veulent faire ça en famille, réconciliant les différences passées. d'autres enfin se suicident, ou travaillent avec une attention maniaque sur les derniers comptes de leur entreprise, ou encore s'organisent des plannings infernaux pour coucher avec le plus de filles les plus différentes possible.

et vous, vous feriez quoi si vous n'aviez plus que 24h sur Terre?



posted by lsdb | 9:14 AM


Tuesday, July 23, 2002  

KEYWORDS

i was meant to do this for ages, give an update on my keywords, how people end up awashed of the shores of my blog. and while they're there, try and give them what they have been looking for all the while.

some of them were lucky.
sometimes you write posts and wonder how niche it is. somehow you trust that the wondrous internet will always trace back your target market, even when it happens to be so niche it can only be one or two people. for example: who knows claire sweeney? ok, 99,99% of the world population is already out of the picture. now: who is desperate enough to roam the internet to find "too much love will kill you mp3 claire sweeney"? bingo! as a blogger i am reaping my reward, knowing i have provided for the needy.

some of them were less lucky. they came for some recreational activities and ended up with an article about the Euro.
why they ended up on my site is much more obscure.
some of the hits i understand: for example "cheap hotel in dubi". for those who don't know, Dubi is a village i drove through, located at the border of germany and the czeck republic, and which characteristic is to have its economy driven by the cheapest most desperate prostitutes in nearlywestern europe. that is just to put things straight: the bloke who did the search isn't some backpacker looking for cheap accommodation, just probably some fat german businessman desperate to have sex with a pregnant 14 year-old, or more likely (and i say this because i tracked most of my "prostitutes in dubi" hits), a Saudi who locks his wives&daughters at home and then goes "on business" in Dubi.
SAD FUCKERS! GO SOMEWHERE ELSE! YOU ARE SAD FUCKING HYPOCRITICAL PERVS WHO HAVE NO RESPECT FOR LIFE, SO DON'T GO AND PATRONIZE THE WORLD ABOUT MORALS!

looks indeed like SEX is one of the main drives of my traffic.
no offense, but it seems that that lowest common denominator sometimes DOES have something low about it, as in "low IQ", or "incapacity to spell correctly". sex is good for dyslexics. like it is good for everybody, but sometimes i feel these poor darlings might have been sex-deprived and therefore became illiterate.
"fucking hors", "hors fucking" and "girls fucking with hors" was already the subject of a previous post, but maybe i can take that opportunity to improve the world and teach grammar to a few individuals:
TO THE SADO WHO KEEPS ENTERING "HORS" ON GOOGLE, "HORSES" ARE THE FOUR-LEGGED ONES, AND "WHORES" ARE THE TWO-LEGGED.

apart from the brilliant Mr Top-Perv, whose intelligence is 100% dedicated to his perversion, and who can therefore spell "fucking small boys", all of the others are a vivid illustration that people looking for sex on the Net should have had a better grip on their pens when they were at school:
- "mon and son fucking": is that the guy who can't even face his own depravation and therefore misspells MUMMY, because hey man! it is your MUMMY that you want to have a play with?!
- "small brest fucking" : now what is that supposed to be? little cities in Brittany, France having fun?

not all sex queries are that bad. look at the french searches (now i am going to be a snob): "poême exhibitionniste", isn't that all arty AND sexy?

talking about art, it is a fact that most of my arty hits are french. for example: "créer un fauteuil" ("design an armchair") or "poême à une copine" ("poem to a girlfriend", though i suspect that one is just the creep who is going to a pre-written poem section on the love&romance page and claims that piece of shite as his own).

finally there are the searches for which there is NOTHING i can do.
"group of man in village meeting email contacts 2002". try friends reunited maybe?
"my left wrist has cold sweats". i suggest you stop popping that stuff, it is bad for you, man!


posted by lsdb | 4:19 AM


Friday, July 19, 2002  

BLOG WILL EAT ITSELF 2: EAT QUICK!

Bon, alors en France on est est peut-être toujours au stade merveilleux de l'adolescence blog, où l'on échanges des tuyaux doux sur les vertues des CSS, où l'on se découvre un double qui écrit tout en rose et écoute Hole toute la journée, et où l'on s'émerveille encore des articles de presse sur les blogs.
en grande-bretagne tout ça c'est fini, terminé, le blog local entamerait-il l'automne de sa vie?

pourtant, au premier abord, on se serait dit que tout allait pour le mieux. mieux que mieux même, puisque voilà un journal intelligent et populaire, qui s'intéresse de près aux blogs, au point d'offrir un recensement des blogs britanniques et mondiaux (de langue anglaise, faut pas pousser, ils sont intelligents les journalistes du guardian, mais leur maîtrise du russe et du malais est encore clairsemée), et de pousser le mécénat jusqu'à offrir £1,000 au meilleur blog britannique.
mais voilà, qui dit argent, dit polémique. en tête de file, le célèbre tom de plasticbag.org.
voilà qu'il se lance dans une diatribe contre ce concours "stupide", destiné à rerouter le trafic blog vers le site du guardian.
alors? coup de gueule ridicule ou sursaut salvateur de la communauté blog?

voici encore mon analyse freudienne à deux balles de ce violent rejet. étude:

un ami très pragmatique me suggérait que peut-être tom ne supportait pas l'idée de perdre ce concours. car, comme beaucoup l'ont remarqué, tom est depuis deux ans détenteur du titre bloggies du meilleur blog européen, et risquerait donc de perdre sa suprématie. sans entrer dans cette polémique politicarde, je remarque tout même l'intelligence marketing dudit tom, qui en se plaçant comme opposant officiel au concours, et compilant les liens de réactions, se présente comme LE point de référence sur le sujet.
mais sa réaction n'est pas isolée. l'idée de perversion qu'un tel concours engendre est récurrente. on parle "d'encouragement à la prostitution", "d'avillissement du système de valeurs blog". il faut rappeler que les bloggeurs actifs sont au départ des libertaires, ce qui est assez commun chez les utilisateurs de technologies nouvelles (en tant qu'aventuriers, ils s'intéressent à tout ce que la société au sens large n'a pas encore daigné toucher). l'accroissement du nombre de corporate blogs et l'introduction d'argent dans ce "monde idéal" semble marquer pour eux la fin d'un âge d'or.
mais l'âge d'or est par définition un fantasme. la communauté blog? un mythe!
l'âge d'or? les balbutiements du blog ont dû rassembler des archétypes de geeks, dont tom ne faisait sûrement pas partie. puis il s'est démocratisé et a pris un tournant plus littéraire, et de fait, beaucoup plus intéressant. était-ce la mort du blog ultra-geek? peut-être. chaque naissance apporte avec elle sa propre déchéance. présente-t-on ses condoléances à une nouvelle maman sous prétexte que son nouveau-né a déjà commencé le compte à rebours?? non. c'est stupide. alors pourquoi agir différemment avec les blogs, les nations, les philosophies?
c'est le manque d'évolution dont il faudrait s'inquiéter.
la communauté blog? elle n'a jamais eu de cohérence. quel est le point commun entre une ado de quinze ans de Queens, ponctuant sa vie de "i fucking love him", et un mec de 40 ans travaillant en belgique dans la préservation des chemins de montagne??
qu'ils utilisent Blogger? même pas. qu'ils aient des liens sur un site? non.

d'où la soudaine crise identitaire que le concours du guardian amène. au fond, c'est quoi un blog? les bloggeurs britanniques se posent la question. une définition est proposée by Crayfish: "Well, I guess blogging is about communicating your ideas with graphics, images and words. It's about having the freedom to write what you want to write and being empowered to publish it".

le risque des concours est une perte de liberté, puisque l'on perd une certaine spontanéité, à écrire ce que l'on pense devoir écrire pour gagner, on pousse la surenchère, on surjoue, mais au fond, n'est-ce pas le dilemne de tout bloggeur ayant un trafic important? fraser est-il pour toujours condamné à parler de chatons? avec une moyenne de 500 hits par heure sur le mot "kitten", il subit le diktat de l'audimat web.

chacun est assez grand pour apprendre à gérer ses paradoxes dans son système de valeurs personnel. c'est faire peu de cas de l'intelligence des bloggeurs que de penser que £1,000 va pervertir ce qui leur tient le plus à coeur. et si c'est le cas, c'est qu'ils ne partagent pas les valeurs de ceux dont tom et moi faisont partie: une communauté reposant non pas sur des liens postés sur un site, mais sur autre chose de transcendant, dont j'ignore le nom.









posted by lsdb | 10:51 AM


Wednesday, July 17, 2002  

TUBE STRIKE

i thought you might wanna change skins tomorrow

posted by lsdb | 10:29 AM


Tuesday, July 16, 2002  

BLOG will eat itself

et de... 10079000-e!!
un nouvel article sur les blogs français, cette fois, sur le site de la très officielle Radio France Internationale! vous savez ce que c'est: vous écrivez quelques inepties trois fois de la semaine, vous apprenez à déchiffrer le achtéemelle et voilà que tout le monde veut vous interviewer sur le futur d'internet!
pour référence, voici le lien permanent de mon étude scientifique prouvée sur le profil des bloggeurs


aux futurs bloggeurs... n'ayez pas peur, approchez (HAHAHAHAHAHA -rire diabolique!!)
non, les lunettes et le cheveu gras ne vont pas vous pousser dessus tout à coup! les blogs, c'est gentil, c'est mignon, y'en a de toutes les couleurs et de toutes les formes, dans toutes les langues, un peu comme dans la pub Benetton mais en beaucoup mieux.
alors venez nous rendre visite le week-end, et peut-être même que vous aurez droit à une merguez ou deux une fois l'Eté venu.

posted by lsdb | 9:53 AM


Friday, July 12, 2002  

London, England, United Kingdom
Location: 51:30:00N 0:07:00W


c'est fou ce que quelques degrés sur une carte peuvent à ce point avoir un impact sur le temps qu'il fait. preuve que je me suis acclimatée à ce pays, voilà que je parle du temps qu'il fait! how english! quand une conversation téléphonique démarre avec l'un de mes collègues ou clients de l'autre bout du monde, ils pensent qu'il est de bon ton de me demander "alors? fait-il aussi horriblement chaud à londres qu'à berlin/copenhague/san francisco?" je jette un regard morne par la fenêtre. prendre un "quel temps fait-il?" pour la pire des provocations, et le signe évident que ça va mal.

ENGELAND le pays des anges?!? nous vivons très certainement dans les nuages.
histoire de vous montrer qu'il s'agit d'un débat à l'échelle nationale, voici ce que j'ai reçu par mail hier: dans le style viral marketing, Evelyne Leclerc devrait en prendre de la graine:

-----Original Message-----
From: XXX
Sent: 11 July 2002 15:09
To: All Staff
Subject: Latest News release


too true!!

-----Original Message-----

Panic gripped the streets of London this morning when patches of sky took on
an unusual blue colour and a ball of fire appeared above the city.

The phenomenon, known as the 'Sun' and commonly found in Mediterranean
countries, unleashed a terrifying heat and brightness upon the capital,
causing many pedestrians to take off their hats and scarves and put their
umbrellas down, while motorists were able to turn both their headlights AND
wipers off.

Tony Blair urged people to be calm and return to work as normal stating:
"We've seen this sort of thing before", he said, "but it never lasts."

There are forecasts that the 'Sun' could be seen throughout the weekend but
a spokesman for No.10 said, "I wouldn't hold my breath".


posted by lsdb | 9:10 AM


Wednesday, July 10, 2002  

NYC-1

J’avais décidé d’entamer ma semaine sur le thème « New York City ». La perspective d’un voyage à Paris et d’un vernissage avec des artistes new-yorkais avait été le début d’une exploitation systématique de toute chose ayant trait à la Grosse Pomme.
Ma semaine NYC s’annonçait plutôt bien, puisque l’un des groupes faisant monter la compote au nez des critiques rock se rendait justement à Londres : Interpol, mercredi, au Barfly.
Je ne connaissais d’eux que ce que quelques fashion victims avaient bien voulu m’en dire au travers de quelques lignes élogieuses dans un magazine trendy; également que les Strokes avaient applaudi leur sens esthétique et vestimentaire lors de leur dernier concert au Bowery Ballroom. Rien de tel que la perspective de voir sur scène de jeunes gens sachant faire leur nœud de cravate et tenant leur guitare par le bon bout du manche, pour que la midinette et l’intello en moi se jettent dans les bras l’une de l’autre : « yes !!let’s go ! »

Assises à l’une des tables du Monarch, une amie française et moi devisons du temps qui passe. Nous nous étonnons de l’environnante recrudescence de blousons ajustés et de franges ridiculement longues, dans un Camden qui n’attire plus depuis longtemps que promoteurs et touristes. New-York annonce-t-il donc vraiment le retour des jolis cheveux des garçons et des filles qui aiment les garçons qui font comme les filles qui ? Chic alors !! Dieu merci qu’en trend-spotter aguerrie, j’ai eu la bonne idée de chausser mes escarpins à bouts pointus et mes socquettes couleur parme.
Après avoir effacé d’un trait de whisky sec les années qui se sont écoulées depuis que nous nous sommes la dernière fois consumées en cigarettes et alcohol entre ces mêmes murs, nous nous rendons à l’étage pour voir la fin du set des Zutons.
Un jeune garçon secouant une belle chevelure blonde, brushée comme aux plus beaux jours de "à 8 ça suffit!", se jette d’un bout à l’autre de la scène, tandis que ses associés rivalisent de volume en débitant d’énormes riffs et assommant leurs fûts rageusement. Continuant sur la lancée de « que sommes-nous devenues ? », je réclame à ma voisine chaises longues, boules Quiès, glycines et pergola. « Tu crois que ça ne ferait pas bonne impression ? – je ne crois pas effectivement » acquiesce-t-elle d’un air résolu. Je me résigne.
Lorsque les Zutons quittent la scène, nous nous retrouvons aux premiers rangs, avec les fans d’Interpol, qui déjà s’impatientent. Quiconque a déjà mis les pieds au Monarch notera l’invraisemblance de notre situation, la salle accueillant d’habitude un public qui ne voudrait pas avoir l’air d’apprécier les groupes de façon trop visible, et préférant se scotcher nonchalamment au bar du fond. Mais voilà, si Interpol allait vraiment être le phénomène de l’année 2002, j’étais prête à sacrifier mon image de marque en partageant les premières loges avec les groupies et les garçons patauds à sac à dos canadiens. Que ne fait-on pas au nom du rock’n’roll !! Allons bon. Je ne ferais pas justice au concert si j’omettais de mentionner que la petite salle était comble, et que même les plus belles peroxydées auraient volontiers joué des coudes avec moi, si elles n’avaient pas trop poussé les limites de l’übercool en ne débarquant dans la salle qu’une fois le set commencé.

Les lumières se tamisent: en scène jeunes gens! Le public débonnaire et blasé de Londres vous attend au tournant! Ils vous encenseront ou vous détruiront, mais il est maintenant trop tard pour reculer!
Cinq garçons proprets entrent sur scène. Inspection : cirage impeccable, parfait cassé du pli sur la chaussure, boutons de manchette et épingles à cravate irréprochables, bijoux raffinés, gilets et débardeurs coordonnés, vestes parfaitement coupées, cheveux lissés ou savamment décoiffés, rien à redire. Mention : très bien. Je prends note et tente de contenir un enthousiasme que je sens grandir. Allons bon ! Inutile de se jeter sur scène en criant « bravo ! Bravissimo !! » alors qu’ils n’ont pas encore ouvert la bouche. L’intello tord le bras à la midinette «et la musique alors ? – mais… aïe !! » .
Dès les premières notes, je m’abandonne à l’évidence : des années de philo ou histoire de l’art ne me l’auraient pas mieux enseigné, ce qui caractérise la beauté d’une œuvre d’art s’appréhende mais ne s’explique pas. La musique, la forme artistique la plus indicible, confirme la règle. Et ces petits là sur scène ne me détrompent pas. La midinette fout un grand coup de coude dans le ventre de l’intello « alors sœurette ? - … Aïe !!! »
L’angélique chanteur que vous prendriez pour votre petit frère sorti de sa 1ère communion articule de parfaites mélodies d’une voix sombre, profonde, venue des profondeurs d’outre-temps, où de jeunes gens tristes et des filles perdues se retrouvaient dans l’ivresse et les vapeurs de mauvais alcools. Autour de lui, Dan, Carlos, Sam, et le nouveau clavier s’activent dans la plus belle antithèse au silence qui soit, chacun apportant sa contribution unique à l’édifice final: Carlos, le bassiste, appose de façon évidente son empreinte sur l’esthétique du groupe. Tout chez lui respire la dévotion à la cause du Style, de l’effilement raffiné de sa frange au déhanchement le plus indolent depuis qu’Elvis a provoqué la fureur des ligues de bonne morale en 1956. La facilité avec laquelle il exécute les lignes mélodiques les plus complexes est déroutante.
En succédant à Greg en 2000, Sam donne à Interpol ce que Ringo Starr a apporté aux Beatles en remplaçant Pete Best : grâce à une rythmique toute en syncope et contre-temps, il donne une dimension moderne aux morceaux et les emmène au-delà d’une tentative douée de revival new-wave.
Enfin Dan, la clé de voûte du groupe, donne à l’œuvre d’Interpol toute sa consistance, avec une guitare tour à tour riche, voluptueuse, légère ou tranchante.
Mentionnons également l’arrivée d’un clavier, qui parfait la production d’ensemble sans l’alourdir.

« Mais alors, me direz-vous, ça sonne comme quoi tout ça ? »
Ah ! Les comparaisons sont aisées ! Voici un morceau dont la basse entraînante est si proche de celle des Smiths, que je me demande un instant s’il s’agit d’une reprise ou d’un original. Mais il a fallu attendre la fin du concert pour que je puisse mettre un nom sur le fantôme qui me hante depuis le début. Cette voix, si familière…
Qu’Interpol soit fatigué d’être comparé à Joy Division, cela est compréhensible. Ils doivent pourtant reconnaître la confondante similitude des voix de Paul et de Ian Curtis, la référence se présentant avec la force d’une révélation à tout spectateur, et non pas seulement aux critiques à court d’esprit, ne leur en déplaise.
Cela n’enlève rien à la fantastique dynamique du groupe sur scène, ni au fascinant attrait de leurs chansons.

Sachant que la France a été au cœur de la révolution Romantique, qu’elle a toujours consolé contre son sein les artistes maudits, que les cours d’école n’ont depuis 1980 cessé de recueillir des corbeaux dans leurs recoins solitaires, qu’elle a été la première à célébrer le génie de Jeff Buckley, que même avec des fautes d’orthographe, les gamins d'ici continueront de graver du Rimbaud sur leurs pupitres et les mornes murs de province, je prédis à Interpol le plus beau des succès dans notre pays.

- NYC, titre disponible en MP3 sur Matadorrecords.com
- "Turn on the Bright Lights" l’album, est prévu pour le 20 août 2002.
- En concert le 9 août au festival de la Route du Rock, St Malo. le 23 août au festival de Reading (GB) , et le 24 août au festival Pukkelpop (Belgique)


posted by lsdb | 9:59 AM


Monday, July 08, 2002  

EIN EURO

vous n'avez pu y échapper, la polémique provoquée par le dernier spot publicitaire de nos amis les euro-sceptiques.
allons donc! polémique est un bien gentil mot pour décrire ce catalogue affligeant de platitudes démagos... je ne me réjouirais pas d'avoir claqué un million de Livre Sterling si j'étais membre du parti Conservateur (section anti-euro, rappelons que la question divise dangereusement les Tories).

récapitulatif: mi Mai, Tony Blair parle pour la 1ère fois de la possibilité d'un référendum sur la monnaie unique. aucune date n'est fixée. la décision dépend en effet de la performance de l'euro, et de sa capacité à remplir cinq critères économiques définis par le ministre des Finances en 1997. les anti-euros se plaignent d'avance de l'inévitable ambiguïté de l'évaluation, alors que certains académiciens publient des études montrant que les critères sont déjà remplis.
la campagne anti-euro commence à s'organiser, et nous pond ce spot qui sera montré dans les cinémas du pays cet Eté: la présence de star du show-biz et de comiques habituellement associés à la Gauche, tels que Bob Geldof, Harry Enfield, ou le délirant Rik Mayall de la série culte de l'époque anti-Thatcher "The young Ones" aurait pu effectivement être un potentiel coup de maître. cependant les euro-sceptiques n'auront pas réussi à faire campagne sans retomber dans les clichés les plus affligeants de l'époque 39-45.

il faut dire que les anglais font une fixation sur cette période et semblent ne pouvoir quitter cette ornière spacio-temporelle. Jeunes ou vieux réagiront au quart de tour à grands coups d'éclats de rire sur le thème de la seconde guerre mondiale: Ha ha! la France, "allo, allo!"; en qualification de la coupe du monde, Angleterre-Allemagne 5-1 , le pays en extase entonne "two world wars and one world cup", repris encore aujourd'hui par les agences de pub les plus à la mode.

bref. donc d'une certaine façon, on pouvait s'attendre à l'apparition d'Hitler dans un spot anti-euro.
"ein Volk, ein Reich, ein Euro" est cependant confondant de stupidité. en appeler à Hitler pour fustiger l'Union Européenne qui est historiquement l'incarnation même de la volonté de lutter ensemble contre le fascisme et les nationalismes, fait preuve du manque de jugement le plus élémentaire. comment oublier que les héritiers de l'idéologie d'extrême-droite comme Haider ou LePen sont les anti-Euro les plus virulents? "a joke"? ça fait rire qui exactement?

alors quoi, un simple coup médiatique comme le présune Mark Mardell, correspondant politique à la BBC? la version du spot où Rik Mayall déclame ses âneries n'a effectivement pas été incluse dans le press pack, et semble avoir un futur incertain. le spot court, qui recevra une grande distribution, ne montre "Hitler" que l'espace d'une seconde.
que les Conservateurs qui reprochent à Tony Blair de ne dédier ses moyens qu'à ses efforts de communication évitent dans le futur de lui jeter la première pierre.

en attendant, je m'attriste de la présence de Bob Geldof dans cette campagne, lui qui avait su incarner à mes jeunes yeux toute la grandeur de l'engagement des artistes avec Live Aid. comment le pauvre bob a-t-il pu se laisser entraîner dans une si triste campagne? sa déclaration candide "personne ne m'a encore donné un argument valable qui montre que la Grande-Bretagne doive joindre l'euro", me fait lui en vouloir. qu'il ait su puiser des trésors d'ingénuiosité en mettant sur pied Live Aid en moins de 10 mois, être assez intelligent pour agir là où personne n'avait osé aller, comment se fait-il qu'il n'ait pas aujourd'hui la force de se renseigner, d'étudier la question Euro à fond avant de se lancer dans la propagande? des arguments, il y en a à la pelle. qu'il revienne avec la même réponse après avoir fait ses devoirs, et l'on rediscutera. en attendant, qu'il traîne sa paresse intellectuelle dans sa maison de campagne plutôt que sur les plateaux télé.





posted by lsdb | 9:37 AM
 

LA VIE REPREND SON COURS

désolée de ce silence radio, j'étais trop occupée à courir sur le nouveau tapis de Montparnasse et à hûmer le bon air de Paris avec les gens que j'aime. quelques jours bénis. ce soir, je vous poste quelque chose, promis.

en attendant, faites-moi plaisir et rejoignez la flottille virtuelle de Greenpeace contre le transport maritime de 255kg de plutonium, 7 tonnes de munitions et 2200 tonnes de fioul, du japon vers Grande-bretagne.
vous me direz: "oh, qu'est-ce au fond qu'un quart de tonne de plutonium sur un bateau voyageant sur 120,000 kilomètres?" . juste de quoi faire 50 bombes nucléaires à la portée de n'importe quel terroriste de base.
la dernière fois qu'un tel transport a eu lieu il y a 20 ans entre la France et le Japon, avec des quantités de plutonium moins importantes, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis avaient prêté main-forte aux deux pays et apporté leur soutien militaire, ainsi que déployé leurs troupes sur le canal de Panama le temps du transit.
cette fois le transport se fait sur un navire commercial armé de quelques canons 30mm.

pour en savoir plus, visitez l'excellent Nuclear Free Seas Flotilla 2002, fondé par des plaisanciers soucieux de leur sécurité, mais aussi de celle des autres.

et faites passer le message...





posted by lsdb | 3:28 AM


Wednesday, July 03, 2002  

LES BLOGS DANS LE METRO

vous n'y échapperez pas!
les blogs français débarquent à la gare du Nord, Montparnasse, aéroport Charles de Gaulle, venus des 4 coins de l'hexagone et du monde ils inondent vos écrans, redonnent des couleurs à vos papiers peints jaunis, déversent leur détritus dans votre salon et dansent avec vos enfants sur votre lit!
les voici donc, dans le Metro de ce matin, en long et en large, grâce à l'ami Chryde.
vous verrez, nous sommes gentils, on se laisse même caresser à rebrousse-poils.

j'espère donc que cet article PHARE va encourager le phénomène (on n'est pas anti-globalisation de base ici!), et attend avec impatience une carte du métro de Paris comme celle ci, ou celle là

posted by lsdb | 7:40 AM


Monday, July 01, 2002  

"Too much love will kill you"

you know how you sometimes feel a bit uncomfortable talking about your day job, because a) your boss is your most faithful reader b) you would hate to lift the veil on your anonymity & display your deformed body wrapped in Argos yellow overalls. Self-deprecation is a popular exercise amongst UK bloggers on the subject of the day job, however "nu meedja/corporate whoring" seems to set the standard of socially acceptable occupations.
in the blogger society, i am therefore terribly mild and middle-class.
the arrogance of the new media breed isn't really what it seems though : surely some of us will still say at 50 that they are "corporate whores", blissfully oblivious to the fact that their tight T-shirt unforgivably stretches on their fat cunts' bodies. but most of us run around the blog and call ourselves "whores" because we are too aware of the precarity of our situation: whether we turn into pop stars or fall flat in the gutter, at least the change under the "occupation" section of our blog won't need too much changing. the young are never too precautious when preparing for the future.

so now it is my turn to step out into the limelight: with the claim of starting some clever viral marketing campaign, i am now pointing you in the direction of the site i work for: you too can now experience the glam of the music industry/new media world that is my daily lot.
Claire Sweeney, aka the steamy Lindsey Corkhill from Brookside, is taking the music industry by storm by releasing her new tracks on the *internet*, on MY site, (like). the Discerning won't fail to hail this album as the best thing Claire has ever done. Brian May himself, after entertaining the whole country during the Jubilee gig with an irreverent "god save the queen", realised it was too good an opportunity in his career to miss. "too much love will kill you" features his ineffable riffs, backed by the powerful vocals of our Claire. she definitely deserve all our love, as much love as possible in fact.

since our Graham (not "our graham" from Blind Date, i meant the garden dwarf with red hot trousers, Graham Norton) last gave us an update on Claire, we learnt with relief that she was managing her post-Brookie career with an iron determination, finally enjoying the success she deserved: "with a history of caravanning and a taste for adventure", "Claire [is proving] to be an excellent ambassador for [the caravan and outdoor leisure show]".
what Graham missed out on is that Claire doesn't just sit in caravans or climb on stage with the latest pop sensation, she is a workaholic and no task is too big for her: i bet for example you were oblivious to the fact that she manages the football club Celta Vigo?!? no, that is no small job.
but there are more revelations to come. have you ever noticed how claire shakes hands? well, there is a simple explanation to this. "Nasty Nigel" (for those who have forgotten, Nigel is the one who thanks you for watching Popstars, Survivors and Pop Idol) is behind all this. no, he didn't embark on another great pop journey, he is kneeling before our Claire, like thousands of men around the country, kneeling before the great priestess of builders and silly walks: yes, like Nigel, our Claire wears her trousers round her ankles every night and leaps around like a birthday cake on fire.
yes. the conspiracy has only just begun...

post dedicated to vb, at least you won't die from too much love from your corporation.

posted by lsdb | 10:08 AM
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