blogmeblogmoi blogmeblogmoi
blogmeblogmoi
news de ça, de là


Wednesday, October 30, 2002  

"n'ouvre pas la porte aux inconnus!"

La semaine dernière, un habitant de la ville de Lincoln, East Midlands, a appelé la police, terrorisé. on avait sonné à sa porte: un inconnu avait surgi, le visage masqué par de grosses lunettes de ski, agitant furieusement une tronçonneuse rugissante.
il est apparu que l'inconnu, qui s'était trompé d'adresse, était en fait déguisé en Eminem pour une soirée costumée

posted by lsdb | 8:38 AM


Saturday, October 19, 2002  

a week in the life



tout le monde vous le dira: le marché du disque n'est plus ce qu'il était.
vous souvient-il qu'il y a seulement quelques années, Europe était resté impunément à la tête du Top50 pendant plus de 13 semaines?! que chaque samedi, il est probable que tout comme moi, vous vous scotchiez à la télévision, souffriez le catalogue de clips de Laurent Boutonnat, appreniez sagement avec Marc Toesca les termes essentiels à la compréhension du décompte des ventes ("et le gadin de la semaine est..."), jusqu'à l'insoutenable révélation du numéro 1 de la semaine: "et cette semaine, en première place...", et vous de hurler et de vous jeter dans les coussins, puis de vous lancer dans un headbanging frénétique, tandis qu'une fois de plus, the final countdown résonnait dans votre salon.
peut-être les futurs juristes de Netlex se demandaient-ils si cela était bien légal, un tel monopole des ventes de disques. je m'inquiétais seulement du nombre effrayant d'individus potentiellement dangereux qui continuaient d'acheter ce single.
puis cela est passé. certes, j'ai eu ouïe-dire que la france avait gardé ce petit côté champêtre, et que cette année encore, le seul album "la Musique" de Star Academy aurait sauvé l'industrie musicale nationale.
mais si nous nous penchons sur le cas de l'artiste lambda (pas lambada, un autre souvenir musical douleureux d'adolescence), il faut reconnaître que la durée de vie des chansons reste bien limitée.
la consommation rapide s'est étendue au disque, et le matraquage publicitaire et radio sont là pour nous rappeler que les Majors ont autre chose à faire qu'à s'occuper du développement de carrière des artistes. faut que ça rentabilise baby, et vite.

étude de cas de cette semaine:
- lundi: je travaille avec la radio en bruit de fond. l'énième écoute du remix de Jacknife Lee de "cleaning my closet" ne me fait même plus tiquer. puis tout à coup, en plein milieu de l'excellent Exposure de john kennedy, quelque chose de radicalement différent, qui me fait me jeter sur ma radio, c'estquoiça?? "So later, I'm at the poolhall and this girl comes up and she's all like, awww, And I'm like, yeah, WHATEVER!" pas de nom. je suis désespérée. je ne saurais jamais qui est cet individu énervé qui a le pouvoir de me faire ainsi abandonner tous mes devoirs avec autant de promptitude.
- mardi: le titre repasse. incroyable! il faut dire que malgré tous ses défauts, XFM reste la seule station où je peux entendre ce genre de musique. cette fois c'est noté, il s'agit de Liam Lynch, my united states of whatever.
- mercredi: recherche. qui est ce jeune punk? surprise: une chaussette.
- jeudi: liam lynch est en effet un freluquet qui, il y a 5 ans, a co-écrit avec son compère matt crocco, un show lo-fi pour MTV, intitulé Sifl & Olly. deux chaussettes qui chantent dans un micro. dans le monde merveilleux de Sifl&Olly, on rappe, on parle aux aliens... c'est mignon, très très con, et terriblement drôle. "whatever" est une chanson phare. j'en veux à la terre entière de ne pas être née au bon moment, ou de ne pas avoir eu le câble, bref, de n'avoir jamais été en mesure de voir Sifl&Olly en realtime.
- vendredi: le très irritant zane lowe, animateur de XFM, descendant de white trash de l'hémisphère sud, dont la spécialité est de chanter à tous les débuts et à toutes les fins de chansons, et de crier dans le micro "yo! now the D4 and the Datsuns! man, new-zealand rules!", révèle son titre préféré de la semaine. malédiction: il s'agit de "whatever". pour moi, la chanson est morte.
- samedi: "whatever" passe une fois de plus. bon, le titre est passé en A list de XFM, promo de la sortie du single sans doute. surprise: je n'étais pas sur XFM, mais sur la très ronronnante BBC Radio2. "whatever" est aujourd'hui la chanson préférée de Jonathan Ross, plus connu pour son goût pour les costards aux couleurs criardes et sa passion pour lui-même, plutôt que pour ses recommandations musicales à un public de jeunes punks.

voilà comment en moins d'une semaine, une chanson est passée de son zénith à son crépuscule. que l'on connaisse son origine comique ou que l'on croit qu'il s'agit des nouveaux Strokes, chacun aura remarqué la nature "gimmick" de cette chanson. cela ne va pas sans rappeler le parcours de wear sunscreen d'il y a quelques années: le ressor comique et le caractère incongru permettent à ces chansons de se répandre de manière virale à travers tous les médias. malheureusement, les raisons même de leur succès sont également celles de leur déchéance. un gimmick, c'est drôle un temps, mais on s'en lasse vite...

je m'en retourne donc mater ces chaussettes qui parlent, avant qu'elles ne soient commercialisées par Olympia ou Kickers pour des gamins merdeux...




posted by lsdb | 12:08 PM


Tuesday, October 15, 2002  

aujourd'hui, je me suis mis le feu.

c'était tout bête: comme les jours sont de plus en plus petits et gris, je portais mon pull en coton angora, que ma petite sœur m'a offert. comme elle a le même, et qu'il est rose fuschia et très doux, le porter me donne l'impression de m'approprier un peu de cette fraîcheur adolescente, une poltronne insolence à la face de l'hiver naissant.

j'allumai donc la gazinière, et le temps de déplacer la poêle au-dessus du feu, voilà que mon bras commence à flasher de mille feux. allons bon! comme il est étrange de sentir tant de pensées incongrues et parfaitement inutiles se ruer dans le cortex en l'espace de ces quelques secondes. "tiens, c'est joli", "ah, je suis en feu", "je me demande si les voisins voient ça par la fenêtre, il vont se dire -qu'est-ce qu'elle est conne!-", "merde, ça s'éteint pas", "merde, y'en a de plus en plus!", "mes cheveux", "mes cheveux (bis). ils brûlent?", "non, pas encore, il ne faut surtout pas que les cheveux...", "j'enlève le pull? non, les cheveux", "pull de merde, synthétique ça brûle trop vite..." "j'ai peur...", "c'est bizarre, je sens rien, pourquoi?" "même pas chaud!", "ma peau, mon bras...", "...", "fini!! c'est fini!!". le feu avait en effet disparu des fibres du pull. je regarde: pas de trou, RIEN. ah si, peut-être. je n'ai plus une manche angora, mais une manche à poils ras.

je m'aperçois que je n'arrête pas de répéter "oh my god, oh my god, oh my...", parfois ponctué d'un "f***ing hell!!". je replace la poêle sur le feu. je reprend mon couteau et tente de viser la gousse d'ail, sans succès. pause. "f***ing hell!", je me prend le bras et tourne sur moi-même en répétant la même litanie, ad lib, entrecoupée d'expirations ressemblant à un ricanement nerveux. "tiens! pourquoi je monologue en anglais? mon instinct? en anglais maintenant?". cela me fait penser un instant à la question stupide que je n'arrêtais pas de poser à ma belle-mère quand j'étais petite; "tu rêves en quelle langue?" (elle est en effet allemande). et elle de m'expliquer que ça dépendait, et moi, en grande experte linguistique à l'époque, de réfuter cette réponse, parce qu'il était évident que "dans les rêves, on pense en vraies pensées, donc en français si on est français, et en allemand si on est allemand", et "qu'en vrai, elle ne pense pas en français, elle traduit très vite, c'est tout ". et là, l'expérience balayait ma théorie juvénile: je jurai en anglais.

je finis de cuisiner, et la cuillère en l'air, entre deux bouchées, je me prend à faire l'inventaire de ces moments où la mort a fait sa danse de charme devant moi puis s'est envolée. le tour est rapide:
- à dix ans, en bodyboard, à la troisième longue vague sous l'eau, épuisée, sans air, les poumons me brûlant, la tête me tournant, sachant que si je n'émergeais pas à la prochaine, c'était fini. j'ai émergé, nagé jusqu'au rivage, et me suis roulée dans le sable mouillé, ce contact sur ma peau, inoubliable, et riant, riant, riant, comme si j'avais joué un mauvais tour au sort.

- à dix-huit ans, alors que j'attendais le bus, j'ai vu cette dame se débattre avec le vent dans son parapluie, le brandissant à droite, à gauche, puis traversant au feu piéton, les voitures alignées attendant sagement au rouge. puis cette voiture déboulant sur la file de gauche, faisant s'envoler la dame comme Mary Poppins, puis disparaissant à l'horizon. encore, ces pensées grotesques. "c'est surprise! surprise! qu'est-ce que c'est mal fait! on voit bien que la dame c'est une marionnette, comme elle vole au vent complètement désarticulée! et ces deux salto arrière! ridicules!". puis ça été un long silence. une femme à côté de moi a commencé à pleurer. j'ai fait un pas pour m'approcher de la dame renversée, puis j'ai pris peur "ce ne doit être qu'un tas de vêtements". je voulais quand même éviter que les autres voitures ne lui roulent dessus, mais je ne bougeais pas. peut-être était-ce les hormones, un homme que la violence n'immobilisait pas a couru vers la station de pompiers à quelques mètres de là. plus tard, j'ai fait une déposition au commissariat, où l'on m'a informée que la dame était vivante, mais blessée dans un état grave. j'étais soulagée de la savoir vivante, m’extasiant de la résistance du corps humain. La gazette locale m’informera quelques jours plus tard qu’elle était morte des suites de ses blessures.

- bizarrement, quand j'ai eu mon accident de voiture, je n'ai pas eu peur. c'est banal à dire, mais tout c'est passé au ralenti. quand tout était fini, j'ai simplement crié "switch off the engine!". une fois de plus, le cinéma inondait mon imagination, et je voyais ces scènes à la James Bond, où la voiture explose immanquablement au fond du précipice. quand Luc m'a tiré hors de la voiture, et que le conducteur s'est enfui avec une seule chaussure pour chercher du secours, mon premier réflexe a été de retourner dans la voiture pour récupérer mon appareil photo. ce n'était pas pour me ramasser les £250 de You've been framed. c'était autre chose d'étrange. et là, Luc s'est mis devant la voiture, et a levé les bras au ciel avec la plus magnifique des arrogances.
ce n'est que la nuit venue, de retour de l'hôpital, que nous nous sommes tous débattus avec une peur viscérale, dans nos lits, dans nos cauchemars, en parfaite synchro, comme les scientifiques envoûtés de Tintin et la boule de crystal.

- le 11 septembre 2001. quand j'ai vu en direct le deuxième avion se crasher dans la tour, puis la tour s'effondrer, je n'ai pu une fois de plus saisir la violence de l'instant. je pensais "effets spéciaux" "fumigènes". je me sentais terriblement coupable de la dichotomie entre mon intellect, comprenant qu'il ne s'agissait pas là d'un film, et mon "moi", incapable d'intégrer cette réalité physique. mes collègues et moi courions d'étage en étage, rayonnant d'excitation, un vague air de fête flottant dans l'air, comme une fin d'après-midi avant l'office xmas party.

nous savons tous que l'on peut mourir à chaque instant. mais il est impossible d'y croire. mon inventaire snuff est pauvre, et c'est ce qui fait que je suis une pauvre petite fille riche et privilégiée.
oh, c'est étrange, je viens de m'apercevoir que j'ai omis un suicide, un.... comment ai-je...
je regrette de ne pas l'avoir mentionné, ou plutôt de l'avoir mentionné. c'est l'honnêteté de mon exposé contre l’exhibitionnisme. je ne peux continuer. je ne jouerai plus avec la mort pour le plaisir de divertir. ce n'était pas l'intention pourtant, croyez-moi.

je voulais juste dire que mon bras en feu m’a fais penser en l’espace de quelques secondes à ceux pour qui une brûlure au bras est un trophée de guerre, à ces gamins qui voient leurs camarades et leurs frères se faire exploser la tête sous le coup des balles. je pensais à l'attentat de Bali, où je me suis presque réjouie du fait que ça arrivait dans ce paradis de backpackers. je ne me réjouis pas de la mort ou de la souffrance. je n'approuve pas l'action de fanatiques impuissants. mais j'aimerais être sûre que si j'ai la chance, en tant que petite occidentale, d'être incapable de "croire à la mort", je n'aie pas la paresse intellectuelle de croire que la mort est différente quand elle arrive aux autres.


posted by lsdb | 7:45 AM


Thursday, October 10, 2002  

LE RENARD ROUGE

la première fois que je l'ai vu, j'ai senti le rire me saisir en petites saccades stupides: il était quatre heures, je marchais dans les rues jonchées de détritus s'envolant au vent froid de cette fin de nuit de novembre. il courait là, d'un pas léger et svelte, comme s'il portait de petits chaussons de ballerine fourrés. j'ai pensé à Tandem, ce film où la médiocrité devient attachante, vous colle à la peau comme une ventouse, vous donne fièvre et nausée, et dans votre délire, vous y trouvez une certaine douceur. bref. jean rochefort, dans Tandem, il voit des renards rouges. tant même, que ça a failli devenir le titre du film. toujours à des moments clé, le renard apparaît. mais là, j'étais seule dans les rues de londres, en plein milieu d'oxford street, hûmant l'air glacial et le plaisir de marcher sur la route, là où la journée, les bus rouges en seraient venus à bout de mes 7 vies, à rire toute seule, en me disant que la seule personne qui me croirait est un personnage de film pathétique.
lors de cette première entrevue, le renard m'a snobée. je n'en étais pas vexée, il était si beau.
je l'ai revu, entre deux clignements de paupière dans Old street. une fois de plus, j'étais la seule à le voir. mes amis anglais, joyeusement enîvrés, n'ont pas été désobligeants: ils m'ont même dit que c'était connu, les renards rouges, ça court les rues de londres. quoi, ça fait même du lèche-vitrine à Noël à Oxford st? ben oui.
alors depuis, j'attend que le renard rouge vienne m'annoncer un nouveau changement.
et hier, il a réapparu, juste devant chez moi: cette fois, je me suis approchée, et il n'a pas bougé. nous nous sommes regardés intensément, ne sachant qui le premier allait s'enfuir. seul le vent dans les branches des arbres stériles bruissait autour de nous, immobiles, séparés par une grande grille bleue. j'ai marché, il a marché. il s'est arrêté, je me suis arrêtée. silence éternel. puis, tout à coup, nous nous sommes mis à courir, à en perdre haleine, chacun vers sa tannière.
ce matin, j'ai regardé par la fenêtre, pour voir ce que le jour m'apportait de nouveau.

posted by lsdb | 7:52 AM


Thursday, October 03, 2002  

DON'T BELIEVE IN MODERN LOVE

ah! vous savez comment c'est, on commence à discuter sur un message board "ouais, moi la guerre, je suis contre. bon. comment tu t'appelles?", et voilà que déjà on fantasme sur la taille du cerveau de cet être virtuel que l'on connaît si peu, et qui pourtant nous paraît si proche. il faut dire que le media écran/ordinateur/réseau fait qu'on se met à nu, et se retrouve à taper des trucs dingues, qu'on oserait dire à personne sauf à trois millions d'inconnus... "j'ai peur des baleines", (ps: docteur, c'est quand que vous mettez des points d'ancrage sur votre page?), "Je ne sais plus si j'existe, si tout ça existe. Rien que du vide. Mes cris se perdent dans du vide."...
pas étonnant donc que les âmes seules se tournent vers internet pour trouver l'être idéal. ça marche si bien, que même ada collens, lady anglaise de 70 ans. originaire de Manchester, a trouvé son prince charmant au Pakistan, après une intense relation épistolaire de 160 emails. qu'il soit son cadet de 43 ans, allons bon! mauvaises langues! ils sont "très amoureux". tant même, qu'ada n'a apparemment pas pu supporter le bonheur marital: elle est morte d'une crise cardiaque quelques jours après son mariage. les flics de Peshawar sont cyniques: ils ont arrêté l'heureux élu en attendant d'éclaircir les circonstances du décès.


posted by lsdb | 9:47 AM
archives
links