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news de ça, de là


Thursday, January 30, 2003  

[…]

January 29, 2003. To the one who was scared, and did what the bravest couldn’t face.
Any other consideration is unfair and irrelevant.

















































































































































































Jetzt



posted by lsdb | 7:45 AM


Tuesday, January 28, 2003  

miss L does new-york-4

et quoi d'autre? (à la gainsbarre)

je suis revenue et je rêve. de grands buildings, de lumières. je regarde les avions passer.

je cours dans le parc de hampstead et voilà le fantôme d'un long grillage circulaire qui se dresse sur mon chemin. mais tel l'arc-en-ciel, toujours il se défile à mon approche. le grand réservoir n'est qu'un étang saumâtre.

un arbre m'offre ses branches à grimper, et du haut de mon observatoire j'aperçois de grandes tours, au loin. le mirage de manhattan laisse place à canary wharf dans la grisaille de fin de journée.

je vais faire du shopping sur oxford street. une botte me matte du haut de ses 650 livres sterling, je l'empoigne, la retourne: une Jimmy choo. les manolo blahnik piaffent dans leur coin. j'essaie la jimmy choo, à moi la gloire de JSP, j'ai un rendez-vous dans un bar chic de manhattan, cosmopolitan, paille, verre glacé au sucre et cerise confite. mais non. la botte me snobe, la fermeture éclair de la tige me fait l'insulte de ne pouvoir se fermer jusqu'en haut, et telle une javotte, je me souviens qu'il n'y a pas de bar chic, pas de rendez-vous. les dernières trois livres de mon porte-monnaie se mettent à hurler "non mais qu'est-ce que tu croyais??!"

je rêve. à d'étranges fêtes, à des expositions d'art où les toiles jalousent la grâce des visiteurs, à des milliers de lumières qui scintillent en secret rien que pour moi. ici, je ne peux qu'avoir la tête dans les nuages, et là-bas, le ciel est si haut!

posted by lsdb | 9:24 AM


Monday, January 27, 2003  

miss L does new-york-3

quoi d'autre?

que chelsea à new york n'est pas comme chelsea à londres. qu'à la place des belles maisons victoriennes, des poussettes et des marchand d'antiquités, on trouve à chelsea NYC des rues vides où le vent emporte les sacs plastiques déchiquetés. et des garages. garageland. en apercevant de petites choses très à la mode sautant des taxis jaunes au coin des rues, on comprend qu'il doit y avoir autre chose. et puis, elles apparaissent, les unes après les autres: les galeries d'art. alignées entre la 23e et la 30e. le paradis dans un coin d'enfer en quelque sorte.

qu'à new york, on mange ce qu'on veut, quand on veut. en plongeant ma cuillère dans ma soupe à la tortue je me suis trouvée un instant sur les rivages du pays des merveilles, avec alice et le gryphon, écoutant la complainte de la simili-tortue. essayer d’expliquer le burlesque anglais à un américain affamé : il m’a souri bienveillamment, et s’est jeté sur son congee. je me souviens que ma mère non plus n'avait jamais compris pourquoi la énième vue d'un bouleau dans un épisode des monty python me faisait hurler de rire. il y a des choses qui voyagent plus ou moins bien.

que malgré les apparences, les anglais vénèrent les américains et vice-versa. au moins, en matière de musique. que les groupes de new-york cherchent désespérément le sceau approbateur d'albion qui leur permettra de rentrer au pays en vainqueurs: "testé et approuvé en angleterre, 100% rock'n'roll". ce qui leur est facile vu la propension des médias anglais à créer la hype du siècle autour de tout ce qui vient d'outre-atlantique. on me reproche dans les bars du lower east side qu'il y ait "tant des nôtres" par-ici, et j'ai beau faire la roue avec mon passeport français, rien n'y fait. mon accent britannique aura finalement eu raison de moi. c'est vrai, tous les londoniens branchés semblent s'être échappés à new-york, à la recherche de quelque chose de nouveau, de frais. je n'ai pas eu le temps d'atterrir à heathrow que déjà les hurluberlus musicaux qu’on m’a recommandé (dans le secret d'un vestiaire qui sent bon la gymnastique, et qui résiste très mal à l’attaque de centaines de décibels) sont devenues le snobisme des ondes FM branchées de londres. merde! on m'a volée ma nouveauté, mon aventure! en combien d'heures la nouvelle frontière a-t-elle disparue? 'm'en fout. j'en trouverai d'autres, des fanatiques des garages, des petits gros que tout le monde s'arrachera.

posted by lsdb | 11:56 AM


Sunday, January 26, 2003  

miss L does new-york-2

alors, quoi d'autre à dire sur new york?

que s'il on veut, on peut ne jamais y dormir. si j'avais su ramener mes insomnies en territoire américain, cela aurait été terriblement pratique: métro qui marche 24h/24, fêtes à n'en plus finir, toujours quelque chose à se mettre sous la dent, quelque soit l'heure, quoi de plus pratique pour un oiseau de jour qui se lève toujours trop tard?

qu'il n'y a rien de tel qu'une incursion à new york pour vous rappeler à l'usage de tous ces adjectifs en B si simples: beau, bon, bien. les anglais certes utilisent à outrance les superlatifs, tout ce que vous faîtes est excellent, vous lancez un great sans vous en apercevoir chaque fois qu'on vous rend la monnaie, brilliant est un mot plomb dans les phrases cariées, et lorsque le soleil ô miracle ose se montrer, le jour en devient glorious. chaque semaine sort le meilleur film de l'année, et chaque mois, l'album de toute une génération. même l'ennui y est fascinating.
par contraste, les américains, avec leurs sourires carrés imperturbables, leurs accolades de co-équipiers et l'insupportable optimisme de leurs manières, inspirent des monosyllabes de bien-être. un uh? en suspension, dans l'attente d'une approbation déjà acquise me remplit de bonheur. en rentrant, j'envoyai des textos "NYC kicks ass" vengeurs, sachant qu'immanquablement, l'on me répondrait par une leçon de bienséance grammaticale sur l'usage du terme ass en territoire britannique.


posted by lsdb | 12:47 PM


Tuesday, January 21, 2003  

Miss L does New York -1


Quand on arrive en amérique, on remplit un carton vert qui permet aux autorités de vérifier notre vraie identité. si vous vous tapez sur les cuisses avec d’anciens généraux de la Luftwaffe, c’est foutu. Auteurs de génocide, terroristes, drogués et saboteurs ne sont pas les bienvenus. Ceux qui apportent turpitude morale et maladies mentales, concentrez-vous et cochez les bonnes cases. on m’a renvoyée à ma copie deux fois, heureusement on peut copier sur son voisin.

New york, quand on arrive, on voit des lumières qui brillent, comme une petite tour eiffel, et un mini arc de triomphe (de loin)

New-York, ça paraît d’abord petit, puis très grand puis assez petit ou assez grand pour s’y sentir bien.

Dans les wagons du métro, on a plein de place au milieu pour faire des défilés de mode ou des photos chics. On voit des photos de magic johnson qui regarde le ciel.
On peut aller à brooklyn par le pont ou le métro. L’air y est plus piquant qu’à manhattan.
La nuit, c’est un lieu étrange où les gens écoutent de la musique très très fort.

L’hiver à new-york, on peut faire de la luge à central park. Les petits rickys shroeders font du snowboard, les autres piquent des enseignes en carton qui glissent même pas.

Des fois, les new-yorkais font les clowns.
Mais toujours il y a ce trou béant dans leur ville qui les fait s'arrêter un instant, tristement.
Heureusement, leurs amis du monde entier ont toujours pour eux un mot de réconfort.

Mais les new-yorkais ne se laissent pas abattre. toujours ils rebâtiront.
Ils débattent pour savoir à quoi devrait ressembler la plus belle ville du monde. Plus haut, toujours plus haut disent les uns. Pensez à Icare disent les autres. Des fois, ça ressemble à une cible, ou un grand centre commercial. Mais je suis sûre qu’ils trouveront le juste équilibre.



posted by lsdb | 12:15 PM


Sunday, January 19, 2003  

TRAVELOG

je suis de retour de new-york. enfin, se disent mes fans (qui se comptent sur un doigt de la main), une nouvelle entrée. une entrée en défilade, puisqu'elle ne fait que gagner du temps, jusqu'à l'entrée de demain, ma première entrée de mon NYC travelog.
horreur! vous écriez-vous. un travelog! j'aquiesce. n'y-a-t-il rien de pire que les weblogs qui font part, 150 lignes durant, des couchers de soleil de l'asie du sud-est, et des descriptions plus ou moins très longues de la gente locale?
le récit de voyage, ou l'art littéraire incompris, le rayon devant lequel je passe en courant dans les librairies, le souvenir d'heures interminables à répondre à des messages sur mon pupitre, en écoutant d'une oreille la voix lassante d'une prof ou d'un élève analphabète lisant des descriptions sans fin d'îles et de trésors et de traîneaux et de déserts, assez pour vous dégouter de la littérature entièrement.
bien. je vous épargnerai mes longues entrées. juste quelques lignes et une photo pour essayer de capturer l'air du temps d'alors, de ma première fois dans la grosse pomme.


posted by lsdb | 10:38 AM


Thursday, January 09, 2003  

la neige: pour ou contre?

lundi matin. à peine réveillée, j'entrouvris et jetai un oeil par la fenêtre, et commençai à maugréer contre ces maudits voisins qui se servent du jardin commun comme d'un dépotoir. après les boîtes de whiskas, les sacs plastiques, que m'avaient-ils fait ce matin-là? de la poussière! partout, partout, de la poussière blanche dans le jardin, c'est quand même incroyable ce qu'ils pouvaient laisser traîner, ça avait l'air de bien tenir sur l'herbe aussi ces drôles de moutons. et puis j'ai ouvert l'autre oeil. non, ils n'auraient pas pu en mettre autant, partout, même devant chez les voisins du bout du bâtiment? ce n'était pas dans leurs habitudes. et sur les arbres alors, hein? hum... à moins que mes voisins n'aient un tapis cosmique, jamais ils n'auraient pu produire autant de poussière. voyons voir: c'est blanc, ça couvre les herbes et les branches, la chaudière de ma cuisine toussote et crachote... mon dieu! serait-ce... non!! de la neige?!? le temps que je me réveille tout à fait, la neige avait déjà disparu.

mardi soir. j'ai fait mes paquets consciencieusement, barré les entrées de mon pense-bête, une à une, me suis couchée très tard exprès, dans mon lit me suis tournée, retournée, ai eu froid aux pieds, tout ça pour ne m'endormir qu'aux petites heures du matin, juste à temps pour entendre le réveil sonner. il y a vraiment des fois, on n'a pas envie de se lever, surtout quand ça pourrait être une importante journée. je me renfrognai sous ma couette. allons! debout! mal fichue, courbatue, ma chérie, quand faut y aller, faut y aller, debout! l'amérique t'attend!
ben oui, j'avais un avion à prendre pour aller en amérique. là où c'est que je critique tout le temps, mais aussi là où c'est que tintin il est allé une fois, où les bouches d'incendie pètent dans les rues et les gens ils dansent tout mouillés sous les trombes d'eau qui font des arcs-en-ciel, là où les hommes sont libres et brandissent des poings rageurs vers le ciel tandis que les poitrines se gonflent et entonnent un chant salvateur qui ne va pas sans rappeler ceux qui sont tombés, là où sarah jessica parker a des jupons gonflants et des pompes à pompon et les hommes lui arrêtent des taxis jaunes rien que pour elle, là où tom sawyer court le long des rivières en boucle avec précisément un mouvement par seconde en chantant "c'est l'amérique, le symbole de la liberté".

je me suis donc levée. à peine réveillée, j'ai entrouvert et jeté un oeil par la fenêtre, et ai commencé à maugréer contre ces maudits voisins qui... ah mais cette fois ci, c'est de la vraie neige, de la putain de neige!! en haut! en bas! on ne sait plus dans quel sens regarder!! d'énormes flocons qui flottent des secondes entières sans toucher terre, des rayures en pointillé sur le paysage pris dans l'encadrure de mes carreaux. je bats des mains, je saute partout, de la neige, de la neige!! j'allume la radio, l'animateur bat des mains, dit qu'il veut aller jouer dehors avec ses enfants, les auditeurs laissent des messages, enlevez le capot de votre voiture, ça fait une super luge dit l'un, où peut-on faire de la luge à camden? demande l'autre, c'est de la neige de tapette! rétorque un troisième. en écosse, nous on a de la vraie neige!. qu'importe. londres n'a pas vu de neige depuis plus de douze ans, et le fait savoir haut et fort. pensez, les gamins de 10 ans n'ont jamais vu ça!

je prend mon sac a dos, mes sacoches, ferme la porte et entame ma marche dans la poudreuse. les passants me sourient. les filles en petites chaussures et gros talons manquent de se manger, on en donne à bouffer aux martyres des cours de récré. les anciens jeunes se penchent, hésitent un instant, puis se relèvent soudain comme pour dire " je suis seul dans la rue, je ramasse de la neige devant cette voiture, et je ris comme un morveux. et bien oui! et j'en suis fier!".

à l'aéroport, on veut me faire joindre le camp de ceux qui n'aiment pas la neige, ceux qui sont coincés dans les embouteillages, dans les trains de banlieue. ceux dont le vol est annulé pour la journée. rentrez chez vous qu'ils me disent. comprenez, dix centimètres de neige, on est débordé. de retour dans l'heathrow express, les américains s'indignent, l'aéroport avec le trafic le plus important du monde, et pas une pelleteuse, pas un sac de sable? je me sens soudain en osmose avec la culture américaine. mes courbatures et mes deux heures de sommeil m'assaillent, et c'est les jambes lourdes que je me traîne dans la neige noire de fin de journée. j'ai tout manqué.

mais demain, demain peut-être, je reprendrai le train, et à l'aéroport un pilote en ray-ban dira "fuck it!" et décollera dans un vrombissement assourdissant sous les bravos de la foule sur la piste, les chapeaux des journalistes secrètement adnirateurs s'envoleront, et notre avion en passant le mur du son fera péter les nuages en milliards de flocons pour que les gamins de l'east end fassent des boules de neige et jouent à la guerre, pour de semblant.

posted by lsdb | 4:42 AM
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